L’e-commerce mondial représente plus de 6 000 milliards de dollars en 2024 (1), mais beaucoup d’entreprises françaises passent encore à côté de cette opportunité. Vous avez du trafic étranger sur Google Analytics ? Des demandes en anglais ? Il est temps de passer à l’action. Le problème : lancer son site à l’international sans stratégie SEO, c’est invisible sur Google. En tant qu’agence SEO à La Rochelle, nous voyons trop souvent des sites mal configurés qui n’arrivent pas à percer sur les marchés étrangers. Découvrez comment référencer efficacement votre site dans les moteurs de recherche internationaux. De la structure technique au hreflang, vous aurez toutes les clés pour conquérir de nouveaux marchés.
Les points essentiels :
- Le SEO international cible de nouveaux marchés géographiques ou linguistiques pour diversifier ses sources de trafic et de revenus, particulièrement adapté aux e-commerces et artisans recevant des demandes étrangères.
- Trois structures techniques possibles : répertoires (monsite.com/fr/) pour débuter avec un budget limité, sous-domaines (fr.monsite.com) en croissance, ou ccTLD (monsite.fr) pour les grandes entreprises avec budget conséquent.
- Le hreflang est crucial pour indiquer à Google quelle version linguistique afficher selon l’utilisateur, en évitant les erreurs courantes comme les codes de langue incorrects ou les pages orphelines.
- La localisation va au-delà de la traduction : adapter les mots-clés par marché (ex: « flat » en UK vs « apartment » aux USA), utiliser l’IA avec des prompts précis ou faire appel à des traducteurs natifs.
- Un CDN optimise les performances par région et renforce le signal géographique pour Google, améliorer la vitesse de chargement étant essentiel pour le référencement international.
Qu’est-ce que le SEO international ?
Le SEO international consiste à optimiser son site web pour être visible dans les moteurs de recherche de différents pays et/ou langues. L’objectif est d’adapter votre contenu et votre structure technique pour conquérir de nouveaux marchés géographiques ou linguistiques.
Il est à l’opposé du SEO local qui cible une zone géographique spécifique, souvent une ville.
SEO international vs. SEO multilingue
Il existe une subtilité entre ces 2 termes qui est assez simple à comprendre. Le SEO multilingue vise à traduire les pages de son site web en différentes langues quand le SEO international vise à traduire et adapter son contenu suivant le pays ou la langue. Exemple, Mc Donald’s a des menus et tarifs spécifiques par pays, on est donc sur du SEO international.
Cet article va se fonder sur du SEO multilingue qui représente l’écrasante majorité des besoins clients que j’ai eus.
Quand mettre en place une stratégie SEO internationale ?
La principale raison est que votre business peut être exporté ! Que ce soit en vente à distance ou pour des raisons touristiques, avoir son site web en anglais semble un excellent compromis, surtout que l’on verra plus bas qu’il ne faut pas nécessairement traduire la globalité du site.
Prenons le 1er cas, vous vendez sur votre boutique des objets, s’ouvrir le marché international ne sera qu’un plus. Avec les envois internationaux, facturés aux clients, cela ne change pas votre marge mais vous permet d’augmenter votre cible.
Enfin, pour les artisans, n’oubliez pas les touristes qui ont une résidence secondaire vers chez vous. Exemple, vous êtes plombier à La Rochelle, si un anglais, par exemple, a une maison sur Dompierre sur Mer, parler dans sa langue maternelle sera un gros plus.
Les fondamentaux du SEO international
Quelle structure technique choisir ?
Techniquement, il existe 3 solutions pour avoir un site web dans une autre langue :
- Le sous-domaine : c’est un préfixe à votre nom de domaine. Si je prends mon site, ce serait en.yj-seo.fr. On reconnait le sous-domaine par le point avant le nom de domaine.
- Le répertoire : c’est un dossier dans votre site web. Exemple : yj-seo/en/. Tout ce qui va suivre le /en/ sera en anglais (on verra techniquement comment dire cela à Google plus bas).
- Le ccTLD (Country Code Top Level Domain) : c’est l’extension de domaine propre à chaque pays. Le .fr pour la France, .de pour l’Allemagne, .co.uk pour l’Angleterre…
Avantages et inconvénients de chaque structure technique
Le répertoire et sous-domaine ont comme énorme bénéfice de bénéficier du SEO du nom de domaine avec un avantage au répertoire qui est directement inclut. Le ccTLD est un site à part donc niveau bénéfice SEO, ce n’est pas génial.
Le répertoire est très simple à mettre en place, c’est dédier une url spécifique pour le site web.
Je conseillerais d’aller sur un mode répertoire, voire sous-domaine et en ccTLD si vous avez un peu de budget et du temps à y consacrer.
Voici ma matrice de décision rapide
| Critère | Répertoires | Sous-domaines | ccTLD |
|---|---|---|---|
| Budget | € | €€ | €€€ |
| Autorité SEO | ⭐⭐⭐ | ⭐⭐ | ⭐ |
| Signal géo | ⭐ | ⭐⭐ | ⭐⭐⭐ |
| Simplicité | ⭐⭐⭐ | ⭐⭐ | ⭐ |
| Flexibilité | ⭐ | ⭐⭐ | ⭐⭐⭐ |
Le hreflang pour bien aiguiller Google
Le hreflang est un attribut HTML qui permet d’indiquer à Google pour quelle langue est destinée la page et, si vous le souhaitez, pour quel pays.
Heureusement, de nombreux plugins WordPress comme WPML, Polylang ou TranslatePress automatisent cette implémentation technique.
Comment bien coder le hreflang ?
Le code HTML hreflang se présente sous cette forme :
<link rel="alternate" hreflang="fr" href="https://exemple.com/fr/" />
<link rel="alternate" hreflang="en" href="https://exemple.com/en/" />
<link rel="alternate" hreflang="x-default" href="https://exemple.com/" />
- Le ‘rel’ est un lien silencieux destiné à Google ici.
- ‘alternate’ est la version alternative ou une copie d’une autre page. Ici, on indique que les pages avec hreflang sont des copies les unes des autres.
- ‘hreflang’ indique à Google la langue ou le pays (ici la langue, voir paragrpahe suivant) de la page mentionnée sur le point suivant.
- ‘href’ indique la page destinée à la langue mentionnée dans le hreflang.
Si je prends la 1er ligne, j’indique donc à Google que la page exemple.com/fr est une copie des 2 autres pages et qu’elle est destinée aux francophones (France, Canada, Suisse, Belgique, Afrique…).
Différence entre langue et pays
Dans ma définition du hreflang, j’ai mentionné que l’on pouvait cibler la langue seule ou ajouter le pays. En effet, il y a le français de France mais également du Canada, de Belgique ou du Cameroun… C’est plus fréquent pour l’anglais entre le Royaume-Unis ou les Etats-Unis. Pour ce faire, il faut le préciser dans le hreflang :
<link rel="alternate" hreflang="fr-fr" href="https://exemple.com/fr/" />
<link rel="alternate" hreflang="fr-ca" href="https://exemple.com/ca/" />
<link rel="alternate" hreflang="fr-cm" href="https://exemple.com/cm/" />
Le 1er code est pour la langue (ISO 639-1), le 2nd pour le pays (ISO 3166-1).
Quid du x-default ?
Il est compliqué de traduire son site sur l’ensemble des langues ou pays, il existe donc le code « x-default » qui indique à Google que, si rien n’est spécifié pour un pays, ou une langue, ce sera le site indiqué qui sera visible. Il est de coutume de mettre le site anglais car c’est une langue internationale.
<link rel="alternate" hreflang="x-default" href="https://exemple.com/en/" />Comment bien implémenter le hreflang ?
Outre l’implémentation technique, il faut que chaque page ait les balises de toutes ses copies par langues (ou pays) incluant celle en cours (auto-référence). Exemple, si la page est traduite en 5 langues, il doit y avoir 6 hreflang : les 5 étrangers + le français.
Ce code HTML doit être inclus dans les balises <head> du site internet et de nombreux plugins WordPress font cela tels que WPML, Polylang ou TranslatePress…
Quelles sont les erreurs fréquentes sur le hreflang ?
La principale erreur est d’oublier des pages. Si je reprends mon exemple de 6 langues pour une page, vous en oubliez une ou deux.
La deuxième erreur est un problème de redirection, c’est-à-dire que la page FR pointe vers EN, l’EN vers DE…
Le troisième erreur est un code hreflang incorrect au niveau des langues, exemple :
<link rel="alternate" hreflang="french" href="https://exemple.com/fr/" />
Vous pouvez vérifier la conformité de votre code hreflang avec l’extension Chrome Hreflang Tag Checker.
Stratégie de contenus à l’international
La traduction de vos contenus sera la clé de la réussite de votre SEO international. Seulement, il n’y a pas que les textes à traduire, il y a également les mots-clés.
Attention aux mots-clés
Un logement ne se dit pas pareil en Angleterre qu’aux USA : « Flat » (« flats in London ») vs. « cheap » (« apartments in New York »). Il est donc crucial de bien se renseigner sur les mots-clés locaux ! Dans mon exemple, même avec les bonnes balises hreflang, si vous ne ciblez pas le bon mot clé, vous ne ressortirez pas.
Qui pour traduire ?
La question sur toutes les lèvres est : dois-je faire appel à un traducteur ou l’IA peut-elle gérer cela ?
Si vous faites appel à l’IA, précisez bien le pays ciblé en gardant en tête mon exemple. Voici un prompt qui peut être pertinent :
Mets toi dans la peau d'une personne née aux Etas-Unis et parlait parfaitement l'anglais des Etats-Unis.
J'ai un site qui commercialise xxx, peux-tu me traduire ce texte en anglais des Etats-Unis stp :
xxxx
xxxx
L’apport d’un CDN
Le CDN, pour Content Delivery Network, est un réseau de serveurs réparti sur différents pays, continent, qui stocke une copie de votre site web. Ainsi, si l’internaute est aux USA, ce sera le serveur le plus près qui affichera le site web, vos webperformances seront donc optimisées. En effet, si le serveur est en France, la data mettra plus de temps à arriver (200ms vs 2 à 3 secondes par exemple). Or, on sait que pour Google et l’internaute, plus un site met du temps à se charger, moins les résultats SEO seront bons.
De plus, Google considère la localisation du serveur comme un signal de localisation.
L’essentiel à retenir pour réussir votre SEO international
Le SEO international représente aujourd’hui un levier de croissance incontournable pour toute entreprise souhaitant étendre son rayonnement au-delà de ses frontières nationales. Comme nous l’avons vu tout au long de cet article, réussir son référencement à l’international ne se résume pas à une simple traduction de contenu, mais nécessite une approche stratégique et méthodique.
Les fondamentaux que nous avons explorés, de la compréhension des différences entre SEO international et multilingue jusqu’à l’implémentation technique du hreflang, en passant par le choix crucial de votre architecture (répertoires, sous-domaines ou ccTLD), constituent les piliers d’une stratégie internationale réussie. Chaque décision technique que vous prenez aujourd’hui conditionnera vos performances de demain sur les marchés étrangers.
L’implémentation du hreflang, bien que technique, reste l’un des éléments les plus critiques de votre succès. Cette balise agit comme un GPS pour Google, l’aidant à diriger chaque utilisateur vers la version la plus appropriée de votre contenu. Une configuration incorrecte peut non seulement nuire à l’expérience utilisateur, mais également exposer votre site à des pénalités pour contenu dupliqué.
L’optimisation des performances via les CDN illustre parfaitement l’importance de penser « local » même en agissant « global ». Un site rapide dans chaque région ciblée n’est plus un luxe, mais une nécessité absolue pour rivaliser avec la concurrence locale et satisfaire les exigences de Google en matière de Core Web Vitals.
(1) Shopify


